| mardi 20 février 2007, a 06:26 |
| Lettre d'un soldat à ses parents (Martial Noureau) |
 Je vous écris de mon lit d'hôpital, D'un pays qui n'est pas le mien. « Engagez-vous », m'avait dit le général, « allons, soyons de bons citoyens ! Ensemble, nous irons combattre le mal ».
Mais le mal que j'ai vu en face de moi N'était qu'un enfant venu d'ailleurs, Tremblant de peur, éperdu d'effroi. On devait lui avoir dit que le mal, c'était moi Et que je devais périr afin que la vie lui soit meilleure.
Le général a pointé le doigt vers le mal Et a ordonné : « feu, soldat, fais ton devoir » ! « Pardon mon général, je ne sais pas tuer, On ne m'a appris qu'à aimer » ! Puis, j'ai vu Jean tomber, c'était mon ami.
Alors à mon tour, je suis devenu guerrier. À l'autre bout de mon fusil, un cœur a éclaté. Quand le mal a frappé très fort, je suis tombé. On venait de me prendre une partie de mon corps. Enfin, il me restait les yeux pour pleurer sur mon sort.
Le général est venu, a serré la main qui me restait Et m'a dit : « Bravo soldat ! Tu as servi avec amour la nation. Tu recevras, honneurs, médailles et pension ». « Quel amour mon général ? Je n'ai ressenti que haine et souffrance ». Mais le général était déjà parti en recrutement.
Les combattants du mal allaient manquer. Des hommes reviennent d'un enfer que nous nommons « guerre ». Ils y ont laissé la santé, parfois un membre ou deux, souvent leur âme. Des années plus tard, ils se demandent encore qui ou quoi ils ont servi : Leur patrie ou bien d'obscurs intérêts ?
- Martial Noureau -
(photo extraite du film "Un long dimanche de fiançailles" avec Audrey Tautou) |
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| samedi 30 décembre 2006, a 23:45 |
| Un poème de Clementia : Mes voeux de Nouvel An |
Mes vœux de Nouvel An
Frère, Sœur, Voisin, Cousin ou Ami,
Nous habitons tous le même village,
Cette planète bleue appelée Terre.
Alors qu’arrive une nouvelle année
Je t’adresse mes meilleures pensées :
Que l’An Nouveau t’apporte ainsi qu’aux tiens
La réalisation de tous tes vœux.
Sois entouré de visages amis,
Ton horizon, de riants paysages,
Dès ton réveil, de quotidiens bonheurs.
Que ton âme s’éveille aux grands mystères,
Aux douces joies de l’amour partagé.
Que pour toujours tu aies un doux logis,
Un métier dans lequel t’épanouir
Qui te donne toujours de quoi manger,
Des loisirs et beaucoup de liberté,
Dans ton pays, paix et tranquillité.
A toute l’humanité je souhaite
Des jours nombreux, prospères et sereins.
© Clementia
27 décembre 2006 |
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| dimanche 19 novembre 2006, a 15:15 |
| Un poème de Vespa : Dérision du sot salaud sauteur |
DERISION DU SOT SALAUD SAUTEUR
Il est un salaud sot Qui bien sottement saute Et moi je suis trop sotte De verser tant de seaux De larmes sottes... Sotte ! Il m'a marqué ce sot Par ses si fous assauts De son éternel sceau. Il cherche encor, ce sot, Qui se la joue perso Et si sottement saute, A sauter d'autres sottes Qui le prennent pour un sot Flattant son ego de sot Egratignent son coeur sot Le rendent encor plus sot... Puis il revient vers moi, pauvre sotte Amoureuse de l'ignoble sot, Qui l'aide à digérer ses sottises Mais ne sait-il pas ce pauvre sot Que celle qui l'attend c'est moi, Sa Terre Promise c'est moi...
© Vespa, 19 novembre 2006
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| lundi 13 novembre 2006, a 22:10 |
| Il est des êtres beaux... |
IL EST DES ETRES BEAUX...
Texte de Gilles Servat
Il est des êtres beaux comme un matin du monde Des êtres déchirants comme un amour enfui Ils passent lumineux sur nos vies moribondes Comme un jour qui se lève éteint la vieille nuit
Leur corps à l'élégance et les tranchants des glaives La transparence aussi et l'éclat du diamant Leur plus petit sourire c'est la grâce d'un rêve Plus douce est leur clarté que celle du firmament
Sur leur visage d'ange erre encore une enfance Que leurs sourcils tempèrent d'un air de gravité Derrière leur front buté brûle l'intransigeance Et dans leur regard pur flamboie la vérité
Vous portez devant eux le poids des millénaires Toutes vos vies passées viennent peser sur vous Par la fange des ans sont closes vos paupières Vous êtes par vous-même éclaboussé de boue
Mais l'oiseau de leur main sur votre bras se pose L'impression de souillure aussitôt s'évanouit Quelque chose en vous change et se métamorphose Sous votre chevelure un astre s'épanouit
Et vous voici avec au cœur une fêlure Voici que craque en vous le mur d'une prison Une fenêtre s'ouvre sur une autre nature Où des soleils-poèmes dorent d'autres horizons
Puis ils s'en vont portant l'aube comme un diadème Vous restez ébloui croyant encore les voir Sachant que jamais plus vous ne serez le même Même si vous ne devez plus jamais les revoir
(trouvé sur le blog de Moustique T) |
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| jeudi 26 octobre 2006, a 00:17 |
| Un poème de Clementia : Le prédateur |
 Le prédateur
Quand tu étais une petite enfant
Il t'évaluait déjà d'un regard gourmand
Se promettant de te séduire
Quand son temps serait venu
Alors que tu n'étais encore qu'innocence
Il savait déjà
Qu'un jour il t'attirerait dans ses rets
Et t'envoûterait
Par ses beaux yeux, ses belles paroles
Ou par des moyens détournés, un exotique narguilé
Ou tout simplement une fiole dans un verre
Ainsi te plonger dans une douce inconscience
Te faire esclave de son système tordu
Passant près de toi il saisissait
Chaque occasion de te frôler
Et toi ne comprenais pas
Qu'il valait mieux te dérober
A ses subtiles manœuvres d'approche
De plus en plus il rôdait
Autour de toi, toujours plus près
Puis ses mains ont commencé
Sur tes formes à s'aventurer
Tu ne savais plus comment échapper
A ce jeu pervers, tu te gênais
Tu avais envie de le frapper
Mais tu voulais éviter l'esclandre
Il te suivait discrètement
Et toujours en évitant
De se compromettre directement
Calculateur dans son cerveau dément
Il s'arrangeait à chaque fois
Où il se collait à tes pas
Pour qu'on ne le remarque pas
Qu'on ne voie pas ses yeux sur toi
Mais comment t'échapper
Avant qu'il ne soit trop tard
Il fallait vite réagir
Car il était pire que la mort
© Clementia
8 septembre - 20 septembre 2006
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| jeudi 28 septembre 2006, a 14:28 |
| Un poème de Vespa : Le dit du poète aux savants |
LE DIT DU POETE AUX SAVANTS
Plutôt mes rimes imparfaites Que vos fichus chiffres pédants, Mon envie de faire la fête Que vos têtes de constipés… Je préfère mes rêveries A tous vos airs si importants. Excusez-moi, mais je souris Quand je vois vos faces de pets !
© Vespa, 28 septembre 2006
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| dimanche 17 septembre 2006, a 21:29 |
| Un poème de Vespa : Les gourous de pacotille |
Les gourous de pacotille
Au service de la lumière
Mais aveuglés par leur ego
Ils subjuguent tous leurs disciples
Et d’avides foules crédules
Mais ils n’ont pas confiance en eux
Et se débattent dans leurs doutes
Ne voulant pas ouvrir leurs yeux
Ils font trop souvent fausse route
Lorsqu’ils prétendent tout savoir
Alors qu’ils sont imbus d’eux-mêmes
Ils croient avoir la science infuse
Pourtant dans leurs moments de doute
Ils ne savent vers qui aller
Ecartez-les de votre route
Ne vous laissez pas entraîner
Par ces gourous de pacotille
Qui ne peuvent que vous troubler
Et vous empêcher d’avancer
Vespa
13 décembre 2005 – 11 septembre 2006
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| vendredi 28 avril 2006, a 00:03 |
| L'Amour et la Folie (Jean de La Fontaine) |
L'Amour et la Folie
Tout est mystère dans l'Amour, Ses flèches, son Carquois, son Flambeau, son Enfance. Ce n'est pas l'ouvrage d'un jour Que d'épuiser cette Science. Je ne prétends donc point tout expliquer ici. Mon but est seulement de dire, à ma manière, Comment l'Aveugle que voici (C'est un Dieu), comment, dis-je, il perdit la lumière ; Quelle suite eut ce mal, qui peut-être est un bien ; J'en fais juge un Amant, et ne décide rien. La Folie et l'Amour jouaient un jour ensemble. Celui-ci n'était pas encor privé des yeux. Une dispute vint : l'Amour veut qu'on assemble Là-dessus le Conseil des Dieux. L'autre n'eut pas la patience ; Elle lui donne un coup si furieux, Qu'il en perd la clarté des Cieux. Vénus en demande vengeance. Femme et mère, il suffit pour juger de ses cris : Les Dieux en furent étourdis, Et Jupiter, et Némésis, Et les Juges d'Enfer, enfin toute la bande. Elle représenta l'énormité du cas. Son fils, sans un bâton, ne pouvait faire un pas : Nulle peine n'était pour ce crime assez grande. Le dommage devait être aussi réparé. Quand on eut bien considéré L'intérêt du Public, celui de la Partie, Le résultat enfin de la suprême Cour Fut de condamner la Folie A servir de guide à l'Amour.
(Jean de La Fontaine)
(photo : Statue de Nemesis en marbre, du IIe siècle, musée du Louvre) |
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